Oui, cela est possible en vertu du droit égyptien. L'article 3 de la loi n° 175 de 2018 dispose expressément que la loi s'applique aux ressortissants non-égyptiens qui commettent l'une des infractions définies par ladite loi en dehors de l'Égypte, dès lors que l'acte porte atteinte aux intérêts égyptiens, à des personnes de nationalité égyptienne ou à des entités immatriculées en Égypte. Il s'agit d'une disposition à portée extraterritoriale significative dont de nombreux expatriés ignorent l'existence.
À titre d'exemple, si vous publiez en ligne, depuis l'étranger, un contenu jugé préjudiciable à une société, à une personne physique ou à une institution gouvernementale égyptienne — ou constitutif de l'une des infractions prévues par la loi, telles que l'interception illicite, la destruction de données ou la diffusion de contenus prohibés — les autorités égyptiennes pourraient théoriquement engager des poursuites. Cette menace devient concrètement applicable si vous entrez ultérieurement sur le territoire égyptien ou si l'Égypte donne suite à la procédure par le biais des mécanismes de coopération internationale prévus à l'article 4, qui habilite les autorités égyptiennes à collaborer avec leurs homologues étrangers dans le cadre d'accords bilatéraux ou internationaux.
Conseil pratique : Gardez à l'esprit que les contenus que vous publiez en ligne, même depuis l'étranger, peuvent avoir des conséquences juridiques au regard du droit égyptien s'ils visent des personnes ou des intérêts égyptiens. Si vous êtes un expatrié qui se rend fréquemment en Égypte, ce risque est particulièrement pertinent. En cas de doute quant à l'exposition juridique d'un contenu en ligne spécifique, consultez un avocat égyptien avant toute publication.
Information juridique générale, pas conseil juridique. Pour un conseil adapté à votre situation, consultez un avocat inscrit au barreau en Égypte.